Polyploïdie
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Une cellule biologique est polyploïde lorsqu'elle contient trois exemplaires (3n) de chaque chromosome (triploïde), quatre exemplaires (4n) de chaque chromosome (tétraploïde), ou davantage. Le concept complète ceux d'haploïde (un seul exemplaire, 1n) et de diploïde (deux exemplaires, 2n).
L'autopolyploïdie résulte d'une multiplication d'un même génome, alors que l'allopolyploïdie représente un montage réunissant deux ou plusieurs génomes différents.
Contents
• Plantes
• Animaux
• Humains
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Occurrence dans la nature
Plantes
Les végétaux supportent beaucoup mieux la polyploïdie, et nombre des espèces cultivées par l'homme en sont polyploïdes. George Ledyard Stebbins qui attribue la forte proportion de polyploïdes dans un groupe de plantes à la fréquence de contacts secondaires entre populations diploïdes isolées, inventorie ces polyploïdes dans son ouvrage Variation and Evolution in Plants, 1950. 70 % des Angiospermes ont connu au moins un évènement de polyploïdisationcite-ref-6[6]. Certains mutants d'Arabidopsis thaliana faisant plus ou moins d’endoréduplication ont été décrits dans des articles scientifiques. Les valeurs les plus élevées découvertes sont de 8 192× dans le suspenseur de Phaseolus coccineus et de 24 576× dans l'haustorium de l'endosperme d’Arum maculatumcite-ref-7[7].
La récurrence des évènements de polyploïdie (selon leur ancienneté, on distingue les paléopolyploïdes, les mésopolyploïdes et les néopolyploïdes) explique que la polyploïdisation est un facteur de diversificationcite-ref-8[8] chez les animaux et les plantescite-ref-9[9].
La redondance des gènes créée par la duplication suivant la polyploïdisation est effacée par une élimination massive bien qu'incomplète des gènes dupliqués, appelée fractionnement des génomes. Ce fractionnement conduit à un retour à l'état diploïde par un processus dit de diploïdisation. La recherche actuelle s'efforce de déterminer si cette perte de gènes est aléatoire ou biaiséecite-ref-10[10].
Animaux
Le phénomène est assez rare dans le règne animal, mais on peut citer le cas des grenouilles africaines ou du rat-viscache, tétraploïde potentiel. Le Crapaud Batura, du nord du Pakistan, est une espèce triploïde, et qui se reproduit par la reproduction sexuéecite-ref-11[11].
Humains
Affectant 1 à 3 % des fécondations humaines, la polyploïdie est l'anomalie de la fécondation la plus fréquente. Elle provoque généralement une fausse couche spontanée : on la retrouve dans 26 % des fausses couches dues à des erreurs chromosomiquescite-ref-aly-abbara-12-0[12].
La triploïdie en mosaïque ou mosaïque (2N/3N) est moins sévère et peut être viablecite-ref-aly-abbara-12-2[12].
Caractéristiques
Les effets de la polyploïdie sur le phénotype peuvent être : « effet de gigantisme » cellulaire et morphologique (« morphologie gigas » quasi systématique lors des polyploïdisations artificielles alors que chez les polyploïdes naturels, le gigantisme cellulaire peut être compensé par une baisse du nombre de cellules par organe)cite-ref-14[14], croissance plus faible (par la réduction du nombre de mitoses). Les effets génétiques et épigénétiques peuvent être : modification de la séquence génomique (mutations, recombinaisons...), masquage des allèles délétères, modification de l'expression des gènescite-ref-15[15]. Généralement, les polyploïdes ont une barrière post-zygotique empêchant l'hybridation avec leurs parents ou les hybrides sont incapables de se développer normalement. Cet isolement sexuel immédiat est à l'origine d'une spéciation sympatrique instantanée responsable de la genèse de près de la moitié des espèces actuelles de plantes à fleurs et d'un petit nombre d'espèces animalescite-ref-16[16].
Notes et références
cite-note-cui2006-33. cuiwallleebens-macklindsay2006liying-cuip-kerr-walljames-h-leebens-mackbruce-g-lindsay2006(en) Liying Cui, P. Kerr Wall, James H. Leebens-Mack, Bruce G. Lindsay, Douglas E. Soltis, Jeff J. Doyle, Pamela S. Soltis, John E. Carlson, Kathiravetpilla Arumuganathan, Abdelali Barakat, Victor A. Albert, Hong Ma et Claude W. dePamphilis, « Widespread genome duplications throughout the history of flowering plants », Genome Research, vol. 16, no 6, juin 2006, p. 738–749 (ISSN 1088-9051, DOI 10.1101/gr.4825606, lire en ligne).
cite-note-l-tri-44. ↑ « triploïdie », Grande Encyclopédie Larousse (consulté le 30 avril 2025)
cite-note-l-55. « tétraploïdie », Grande Encyclopédie Larousse (consulté le 30 avril 2025)
cite-note-66. ↑ moore2002g-moore2002(en) G. Moore, « Meiosis in allopolyploids - the importance of "teflon" chromosomes », Trends in genetics, vol. 18, no 9, 2002, p. 456-463
cite-note-77. ↑ wilhelm-nultsch-r-miesch1998Wilhelm Nultsch & R. Miesch, Botanique générale, De Boeck Université, 1998, p. 119
cite-note-88. ↑ Duplication des génomes chez les plantes et les animaux, tiré de Van de Peer 2009, Nature Review genetics
cite-note-1010. ↑ langham-justine-walsh-molly-dunn-cynthia-ko-stephen-a-goff-michael-freeling2004richard-j-langham-justine-walsh-molly-dunn-cynthia-ko-stephen-a-goff-michael-freeling2004(en) Richard J Langham, Justine Walsh, Molly Dunn, Cynthia Ko, Stephen A Goff & Michael Freeling, « Genomic duplication, fractionation and the origin of regulatory novelty », Genetics, vol. 166, no 2, février 2004, p. 935-945.
cite-note-1111. ↑ Le crapaud qui divise 3 par 2
cite-note-aly-abbara-1212. Polyploïdies, Dr Aly Abbara
cite-note-1313. ↑ Fiche orphanet du syndrome triploïde
cite-note-1414. ↑ m-ntzing1936a-m-ntzing1936(en) A. Müntzing, « The evolutionary significance of autopolyploidy », Hereditas, vol. 21, 1936, p. 263-378
cite-note-1515. ↑ osborn-et-coll2003t-c-osborn-et-coll2003(en) T. C. Osborn et coll, « Understanding mechanisms of novel gene expression in polyploids », Trends in Genetics, vol. 19, 2003, p. 141-147
cite-note-1616. ↑ osborne-wilson1993edward-osborne-wilson1993Edward Osborne Wilson, La diversité de la vie, Odile Jacob, 1993, p. 98.
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
• (en) Polyploidy on Kimball's Biology Pages
• Portail de la biologie cellulaire et moléculaire